POISSON LION , PRÉDATEUR à CHAIR GOÛTEUSE.

POISSON LION , PRÉDATEUR à CHAIR GOÛTEUSE.

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Le poisson lion (Pterois volitans/miles), aussi appelé rascasse volante, est une espèce marine originaire de la région indo-pacifique. Ce poisson aux épines très venimeuses est considérée comme une espèce invasive dans la région caribéenne. Il a été observé officiellement pour la première fois en octobre 2010 dans les eaux guadeloupéennes et sa population ne cesse d’y croître.

Il représente aujourd’hui une menace importante pour les écosystèmes marins côtiers de la Caraïbe et de la Guadeloupe.

Description générale

Le poisson lion appartient à la famille des Scorpaenidae, les rascasses, regroupant de nombreux poissons venimeux. Il possède un corps très reconnaissable, avec des rayures alternées marrons/rouge sombre et blanche/jaunes, des nageoires pectorales « en éventail » rayées elles aussi, une nageoire caudale arrondie. Il présente une série de treize épines dorsales venimeuses, ainsi que des épines pelviennes et anales également venimeuses. Au stade juvénile, il mesure moins de 2,5cm et peut atteindre jusqu’à 49cm (longueur totale) adulte dans la Caraïbe.

On retrouve cette espèce dans divers types d’habitats (récifs, épaves, herbiers,…). Le poisson lion affectionne tout particulièrement les lieux présentant des anfractuosités, cavités et surplombs, où il évolue seul ou en groupe, sur un territoire restreint, préférant des zones calmes et sans courant important. Il a été observé de la surface jusqu’à 300m de profondeur. En Guadeloupe sa zone de prédilection est la zone de la côte sous le vent où localement il peut atteindre des densités records.

Le poisson lion est une espèce carnivore peu craintive, sans prédateur avéré pour le moment dans la zone Caraïbe et représente lui-même un prédateur redoutable pour la faune des écosystèmes marins côtiers. Il se nourrit de manière vorace et essentiellement la nuit sur des petits invertébrés et des poissons.

Une fois mature sexuellement (au cours de sa première année), la femelle peut pondre jusqu’à 30000 œufs tous les 4 jours toute l’année. Les larves en surface sont ensuite dispersées par les courants avant de rejoindre le fond au stade juvénile.

Historique et caractéristiques de l’invasion

Suite à son introduction accidentelle et/ou intentionnelle depuis la Floride au début des années 90, le poisson lion est devenu une menace importante pour les récifs coralliens s’étendant des Bermudes au nord de l’Amérique du Sud, colonisant progressivement vers le sud ces espaces marins. Les populations peuvent atteindre des densités très élevées, conduisant à des changements importants au sein des écosystèmes locaux, à l’érosion de la biodiversité, ainsi qu’au déclin de certaines espèces à valeur économique ou jouant un rôle écologique important.

Son mode de reproduction, l’absence de prédateur, sa voracité ainsi que sa résistance en font une espèce hautement invasive.

Danger et précautions à adopter

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En dehors des zones d’interdiction de pêche des poissons liées à la chlordécone, la chair du poisson lion, nonciguatoxique en Guadeloupe, est absolument comestible et même recherchée mais il est doté d’épines venimeuses dangereuses pour l’homme et pouvant être la cause d’accidents plus ou moins graves. Pour plus d’information et un schéma, consultez la fiche médicale de la DEAL :
Leur appareil venimeux est uniquement défensif et ne joue aucun rôle dans la capture des proies ; les poissons lion n’attaquent donc pas les nageurs. Le venin reste actif, même après la mort ou la congélation de l’animal.

A l’échelle des Antilles françaises, une stratégie de lutte à été mise en place, coordonnée par les Directions de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL) de Guadeloupe et Martinique, avec l’appui du CAR-SPAW, de l’Observatoire du Milieu Marin Martiniquais et des comités des pêches :
La DEAL Guadeloupe, et en particulier le service des ressources naturelles, est ainsi responsable de la mise en place de la stratégie de lutte contre le poisson lion au niveau des îles Guadeloupéennes.
Le CAR-SPAW (Centre d’Activités Régional du Protocole SPAW qui a pour objet la protection et la gestion durable des milieux marins et côtiers dans les Caraïbes) est également à l’origine de plusieurs initiatives sur le poisson-lion, en coordination avec ses partenaires caribéens, comme le manuel poisson-lion à destination des gestionnaires ainsi que la stratégie régionale poisson-lion à destination des décideurs :

Par ses travaux de recherches et de sensibilisation sur la question de l’invasion du Poisson-Lion en Guadeloupe, l’équipe Dynamique des écosystèmes Caraïbes du Laboratoire de Biologie Marine (Université Antilles-Guyane) apporte également son expertise scientifique :

Le Parc national de la Guadeloupe et ses équipes s’attachent à endiguer cette invasion du poisson lion par des actions de terrain (les éradications étant faites en priorité en cœurs de Parc) de communication et de sensibilisation. Depuis 2010, plus de 3000 individus ont ainsi été supprimés (chiffre janv. 2014).

D’autre part, la capture de certains animaux par les équipes du Parc à également permis d’appuyer le travail scientifique du Laboratoire de Biologie Marine (étude du régime alimentaire, contaminations éventuelles, …) et de la DEAL.

Hormis les équipes du Parc et les organismes publics concernés, les dérogations de pêche du poisson lion en bouteille à des organismes privés sont attribuées à titre exceptionnel et nominatif par arrêt préfectoral, et sont par conséquent strictement réglementées.

Animal vorace, prédateur absolu et envahisseur impitoyable, le poisson-lion n’a qu’un seul point faible : son excellent goût. Quelques restaurateurs et marins-pêcheurs ont compris l’intérêt environnemental, gustatif mais aussi économique à proposer ce pseudo-fauve, qui est une rascasse à la chair fine.

 

En filets, il rugit déjà moins. En soupe, il exhale toute sa saveur. Et en papillotes, il excelle. Le poisson-lion a pris possession de nos eaux en quelques années et rien ne pourra l’arrêter. Cette « rascasse volante » nous envahit au rythme de 30.000 œufs pondus tous les quatre jours par des femelles méchamment prolifiques. La seule façon de contrer quelque peu ces envahisseurs, c’est d’en capturer le plus possible. Les pêcheurs et plongeurs les détruisent de façon impitoyable. Mais ces pseudo-fauves ont un talon d’Achille, que les pouvoirs publics aimeraient largement exploiter : leur goût.

« Une chair goûteuse, fine, tendre, particulière, entre le perroquet et le cabillaud » , s’enthousiasme Benoît Dang, chef de cuisine du restaurant Zandoli, aux Trois-Ilets, qui propose du poisson-lion à ses clients. Benoît Dang cuisine le poisson-lion en soupe, en préparation froide, en sashimi, en filet, sous toutes les formes possibles. « Le poisson-lion a un goût de watalibi, mais en mieux » , estime quant à lui Gérard Barru, marin-pêcheur au Vauclin.

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